"Je me présente comme une entreprise. J’emprunte des logiques économiques et marketing aux PME (logo, identité visuelle, publicité, objet promotionnel, sous-traitance, échange de visibilité, audit, co-production, parrainage, rachat de faillite…) et je me les approprie à des fins artistiques." [1]
L’œuvre ne devient-elle pas un simple produit commercial ?
L’objet produit est hybride. Issu d’une démarche artistique entrepreneuriale, il est objet et œuvre. Cette double entité, de l’artiste et de son oeuvre, confère à la démarche une réalité économique et une dimension critique.
Ainsi, empreintant des logiques propres aux PME, l’artiste questionne son modèle et se repositionne en tant qu’entrepreneur. En utilisant les modes de production de l’entreprise pour diffuser son œuvre (publicité, cadeaux promotionnels, logo...), il place l’artiste en position intermédiaire.
Avec "Damien Béguet microclimat", l’artiste doit occuper des espaces qui ne lui sont pas naturellement réservés afin de repenser la société et son organisation sociale. Dès lors, l’art doit être une retranscription du monde qui l’entoure, avec les moyens et les esthétiques de son époque...
"Les entreprises de par ses modes de fonctionnement induisent éthiques et esthétiques. Elles se présentent aujourd’hui comme étant des modèles organisationnels et deviennent des référents pour tous (musées, théâtres, centres sociaux, clubs sportifs, hôpitaux, universités, administrations, ministères, OMG…). Cela n’a pas toujours été le cas. Pour regarder et questionner ce nouveau rapport au monde marchant, j’ai fait le choix de prendre le costume de l’entrepreneur en tant qu’artiste." [2]


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