Colloque International – Décembre 2017

Abstract

L’objet de ce colloque est de favoriser l’émergence de nouvelles formes de création, de représentation et d’analyse s’appuyant sur l’interface entre art et mathématiques. On s’intéressera particulièrement aux applications possibles de ces innovations à l’analyse des transformations socio-économiques dans le contexte du développement durable. L’organisation du colloque «hors les murs» de l’université, à l’hôtel de l’industrie, est l’expression de cette volonté d’utiliser l’abstraction au service du bien commun.

Participants

  • Yann Toma
  • Antoine Mandel
  • Alexia Antofuermo
  • Nicolas Benvegnu
  • Claude Bruter
  • Patrice Crespy
  • Laurent Derobert
  • Anna Longo
  • Diana Mangalagiu
  • Davide Napoli
  • Miquel Oliu Barton

Café

Accueil d’Olivier Mousson président de la Société d’Encouragement pour l’Industrie Nationale.

Introduction par Cédric Villanidéputé de l’Essone et Professeur de mathématiques (sous réserve)

Présentation par Antoine Mandel & Yann Toma directeurs de la Politique Scientifique “Art & Mathématiques” de Paris 1 Panthéon-Sorbonne

L’idée de monde possible est d’abord la réponse à une question théologique: notre monde est-il le meilleur des mondes possibles? Mais c’est aussi la question que semblent se poser plus prosaïquement les altermondialistes quand ils plaident pour un autre monde possible. Un autre monde possible ou un autre monde actuel? Question de logique et de philosophie. Il s’agit de l’écart entre le monde tel qu’il est et d‘autres mondes plus ou moins imaginés. Les mondes du passé (il y eut un monde sans téléphone portanle), les mondes du présent (notre monde est-il le seul?) et les mondes du futur (ceux dont la science-fiction fait incessamment l’hypothèse). La science ne cesse de confirmer la pertinence de la pensée par les mondes possibles, la création artisique ne cesse de s’y ressourcer.

Il s’agira de montrer d’une part les liens qui existent entre les mathématiques et les arts. Egalement de montrer comment la considération d’objets mathématiques peut favoriser la création artistique. Comment inversement l’observation des oeuvres d’art peut féconder la création mathématique avec éventuellement des possibilités d’application de ces nouvelles observations.

Comment se repérer dans les incertitudes générées par les innovations scientifiques et techniques ? A quelle(s) position(s)s peut-on se fier lorsque des autorités s’affrontent et que même leur statut ne permet pas de les distinguer ? De CRISPR Cas9 à l’intelligence artificielle, de la protection des espèces menacées à la géo-ingénierie, il existe une longue série d’affaires embrouillées qui soulèvent des questions et suscitent des discussions bien au delà des laboratoires.

La cartographie des controverses est un ensemble de méthodes des sciences sociales développées depuis trente ans pour analyser les sciences et les sociétés «en train de se faire». Elle se fonde d’une part sur le pouvoir de l’enquête et d’autre part sur la représentation des informations collectées. Le fait de tenir ensemble ces deux dimensions, enquête et représentation, vise à rendre compréhensibles des situations complexes et à donner de nouvelles prises pour la réflexion et l’action.

Fondée dans les années 40, la théorie des jeux étudie le comportement d’agents rationnels dans des interactions stratégiques. Ces interactions sont souvent étudiées sous un angle économique et mathématique: les agents sont des machines qui, tenant compte de l’information dont ils disposent, cherchent à maximiser leur fonction d’utilité. De nombreux modèles ont été étudiés, faisant varier les contextes d’information, de communication et de rationalité. On étudie également le comportement des joueurs à travers des expériences de laboratoire dans lesquelles les agents interagissent, et sont rémunérés en fonction de leur succès. Dans cet exposé je propose d’aborder la théorie des jeux par le théâtre.

 

Aujourd’hui, de nombreuses villes dans le monde sont engagées dans un mouvement de transformation vers la durabilité. Dans cette quête, les villes doivent concilier des composantes à priori contradictoires de leur transformation : attractivité, expansion urbaine, financiarisation, lutte contre les inégalités, diminution des externalités négatives. Le tout, dans un paysage où interagissent et se confrontent modèles de société, modèles commerciaux et intérêts stratégiques. Dans cette intervention, Diana Mangalagiu propose une analyse de multiples niveaux et complexités de la transformation urbaine, en s’appuyant sur les mutations rapides apportées par les nouvelles technologies et l’économie du partage dans les grandes villes en Chine.

La technique de la photogrammétrie 3D utilisée notamment en archéologie, prélève des formes, des empreintes, des simulacres d’objets physiques, ils deviennent des enveloppes fantomatiques. La consistance de ces objets disparaît et laisse place à un artefact de sa composition physique. Transcrit numériquement, l’objet perd ses données, sa substance pour muer en une enveloppe de coordonnées mathématiques.

En opposition au formalisme, qui fait dériver la totalité des objets mathématiques d’un certain nombre d’axiomes fixes et immuables, Gaston Bachelard et Albert Lautman proposent de considérer le processus temporel de genèse des idées mathématiques permettant de poser les conditions d’expériences inédites. La création de nouvelles mathématiques, qui dépassent les limites de l’intuition sensible, comme, par exemple, la géométrie riemannienne, nous offrent la possibilité d’élargir le champs de l’expérience réelle : aurions jamais pu détecter les ondes gravitationnelles sans avoir, d’abord, postulé la possibilité mathématique de leur existence ?

Aux côtés des formes de narration non-linéaires statiques les plus courantes dans les jeux vidéos : narrations quasi-linéaires, structures à embranchement, et systèmes de quêtes, émergent des formes de narration dynamique qui soulèvent la possibilité et le rêve d’une génération procédurale de la narration. Cette conférence s’attachera à en analyser les formes en puisant dans la pratique des créateurs de jeu, et dans des exemples tires de l’actualité vidéoludique.

Un nombre croissant de données portant sur les interactions sociales devient de plus en plus accessible via des plateformes ouvertes et des réseaux sociaux en ligne. D’un point de vue technique, la courbe ou le diagramme statistique qui étaient des outils standards de représentation en sciences sociales ne suffisent plus à représenter les phénomènes observés. D’un point de vue éthique et sociétal, un certain nombre de questions sont soulevées et des craintes émergent quant à l’utilisation de ces données dans l’élaboration des politiques étatiques ou dans la science. L’objectif du projet Green Wave est de relever ensemble ces deux défis en réunissant des artistes, des mathématiciens et des sociologues pour concevoir des plateformes participatives de visualisation en ligne qui permettront aux citoyens de produire et d’utiliser des données afin de transformer leur environnement local. L’application phare de ce travail sera un projet d’art participatif tourné vers une transformation urbaine en faveur de la durabilité. Le développement de cette oeuvre sera le point de départ d’une analyse conceptuelle sur l’utilisation des big data dans l’art et un champ d’action rendu possible par l’art, favorisant ainsi des transformations socio-environnementales.

D.N. creuse le chemin qui touche la dimension primitive entre l’écriture et l’encre comme geste d’un lapsus de l’esprit et du corps.

Le chemin qui se donne, s’espace jusqu’à son décollement pour tomber dans un vide en accélération du visible et de l’invisible.

La chute est justement dans un monde, d’ici et d’ailleurs, une zones inconnue du savoir où sujet et objet se touchent, se parlent, se regardent, se vident à l’horizon d’un souffle intime.

Performance :

Action plastémique entre l’écriture (texte) et l’encre (dessin-signe)

Durée :15’